De tous les pays libéraux, la France est celui qui accorde les aides les plus importantes aux médias.

a) Les aides de l’État pour la presse

Alors que la presse s’est constituée au XIXème siècle comme un contre-pouvoir face à l’État, elle fait appel depuis longtemps à des aides publiques pour lui permettre de maintenir ses équilibres financiers. À partir de la crise des années 1930, le gouvernement acceptent des exonérations fiscales pour le secteur, considéré comme un des garants de la démocratie. Puis, à partir des années 1950, les aides se multiplient : la presse bénéficie d’un taux de TVA réduit, de l’exonération de la taxe professionnelle, ainsi qu’une réduction d’impôt sur les bénéfices pour les investissements dans les entreprises de presse. À partir de la crise des années 1970, des aides nouvelles sont instituées : des subventions destinées seulement à la presse quotidienne et hebdomadaire d’information générale à faibles ventes et faibles publicitaires : L’Humanité, La Croix, France-Soir et Libération, ainsi que des hebdomadaires régionaux en bénéficient. Ces aides renforcées à la suite des États généraux de la presse tenus en 2008, atteignent un montant global de 1,5 milliards d’euros, ce qui représente plus de 15% du chiffre d’affaires total de la presse écrite. De plus, en 2012, a été créé le fonds stratégique au développement de la presse (FSDP). Il a pour but de soutenir l’émergence et l’innovation de la presse malgré la rivalité des autres médias. Ce fonds accorde alors des subventions ou des avances remboursables aux projets des services de presse en ligne, des entreprises éditrices de presse imprimée et des agences de presse qui répondent à un certain nombre de critères. Les décisions d’attribution des aides sont prises par le Ministère de la culture et de la communication. Cette aide peut s’étendre jusqu’à 1,5 million d’euros par projet, ce qui permet aux agences de presse d’innover leur production d’une grande ampleur. 

b) Les aides de l’État pour la radio 

Les radios publiques (Radio France) sont totalement détenues par l’État, et donc principalement financées de celui-ci. Ainsi les radios du service public sont financées majoritairement par la contribution à l’audiovisuel public comme pour la télévision. En 2014, pour le groupe Radio France, cette contribution représente 89,2% du financement de ce groupe. Pour les radios privées, les aides sont moins importantes. Pour les radios associatives, il existe le Fonds de soutien l’expression radiophonique (FSER). C’est un fonds national alimenté par une taxe fiscale sur les recettes publicitaires des radios, accomplissant une mission de communication sociale de proximité lorsque leurs ressources commerciales sont inférieures à 20 % de leur chiffre d’affaires total.   

c) Les aides de l’État pour la télévision 

Au tout début de la télévision, les chaînes de télévision étaient toutes publiques et c'était l'État qui les finançait. L’information à la télévision est essentiellement sur les chaînes publiques. Le financement public de la télévision, destiné aux chaînes du service public, est composé de la contribution à l’audiovisuel public et de dotations budgétaires de l’Etat. Créée en 1933, la contribution à l’audiovisuel public (dénommée redevance audiovisuelle avant 2009) est la principale ressource du service public de l’audiovisuel, composé en 2014 du groupe France Télévisions, d’Arte France, de Radio France, de France Médias Monde (RFI, France 24, MCD) et de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Cette contribution est comprise dans la taxe d’habitation des ménages français. Chaque année, les français payent 138€ de contribution à l’audiovisuel public, issue de leur taxe d’habitation. Ci-contre, le document nous montre comment est répartie la contribution à l’audiovisuel public. En 2014, 68,5% de cette contribution sont utilisés pour France Télévisions. Le groupe France Télévisions bénéficie également, pour compenser la suppression de la publicité en soirée sur ses antennes depuis 2009, de crédits issus du budget général de l’Etat.             

Le financement de la télévision par les aides de l'État

Ainsi, l’État accorde une grande aide à l’information télévisée publique, principalement pour le groupe France Télévisions. Cependant, dans les années 80, de nombreuses chaînes importantes mais privées ont été créées (TF1, M6…). Ces chaînes ne reçoivent aucune aide de l’État, malgré plusieurs demandes effectuées depuis 2008. 

d) Les aides de l’État pour Internet

Les sites Internet publics sont les seuls à être financer par l’État, c’est-à-dire que la plupart des sites Internet n’ont aucune aide de l’État. Cependant, les sites d’information appartiennent souvent à des entreprises de presse ou de télévision. Ces sites sont alors financés en partie par le budget déjà accordé par l’État, comme c'est le cas avec Le Monde qui est à la fois un journal de presse et un site Internet.