Pour décrypter le monde de l'information en France, il est utile de connaitre les dates-clés de son évolution. Voici celle de la radio, puis de la télévision :

a) La radio

En 1918, la société française radioélectrique d’Émile Girardeau devient la Compagnie Générale Sans Fil (CSF). Rappelons quand même que le télégraphe est à l’origine de l’invention de la radio. Celui-ci a été développé vers 1854 par Samuel Morse, tout comme un alphabet électrique qui portent tous deux son nom au XIXème siècle. De plus, Guglielmo Marconi est considéré comme l’inventeur de la radio grâce à ses travaux sur le développement de la Transmission Sans Fil (TSF). Une fois sa mise au point, celui-ci s’en sert dans un but militaire sur les navires de guerre.

En décembre 1921, la première émission de radiodiffusion par la CSF est retransmise à l’occasion d’une cérémonie en l’honneur d’Édouard Branly, inventeur du radioconducteur.

En 1922, la station Radiola est née et créée. Elle deviendra par la suite Radio-Paris.

En 1927, la France compte 850 000 postes de radio, contre 2 millions au Royaume-Uni ou en Allemagne.

En décembre 1927, le service de radiodiffusion rattaché aux PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones) est créé par le gouvernement Poincaré.

En mars 1928, la loi des finances interdit la création de toute nouvelle radio privée. Néanmoins, les 13 radios privées existantes peuvent poursuivre leurs émissions.

Entre 1930 et 1939, c’est l’âge d’or radiophonique puisque nous assistons à l'éclosion d'un grand nombre de stations radio épaulées par une évolution de la technique et de l'esthétique des postes de TSF. Les marques Ducretet, Manufrance, Marconi, Philips, Sonora dominent le marché.

En 1933, la redevance est instaurée pour financer la radio de service public.

En 1934, l’Orchestre national de France (ONF) est créé et dirigé par Désiré-Émile Inghelbrecht, le premier dont les musiciens sont salariés. Cet orchestre jouait principalement en studio afin que sa musique soit diffusée sur les ondes.

En janvier 1937, les premières émissions quotidiennes ont lieu de 20h à 20h30.

En 1939, la France compte 5,2 millions de récepteurs radio. L’Allemagne nazie en compte plus de 13 millions et a recourt à ce média de masse pour organiser sa propagande. De plus, l'occupant réquisitionne toute station émettrice en zone Nord et interdit l'écoute de Radio Londres. Les nouvelles ont du mal à se propager dans les camps de prisonniers dont le nombre ne cesse de croitre.

En 1944, la station du Programme national (future France Culture) est établie, à l’issue de la Libération. La station du Programme national évolue puisqu’elle sera rebaptisée France III national entre janvier 1959 et décembre 1959.

En mars 1945, par ordonnance, le monopole de l’État sur la radio est instauré : les autorisations d’émettre des radios privées sont annulées. De plus, la technologie américaine va profiter à l'évolution de la TSF d'après-guerre avec l'invention de la FM et du transistor de plus en plus miniaturisé. La radio est alors monopole d'état sous l'impulsion de Charles de Gaulle. La miniaturisation est de plus en plus poussée. La Radiodiffusion française (RDF) est ainsi créée par Jean Guignebert et Wladimir Porché.

En février 1949, la Radiodiffusion-télévision française (RTF), qui remplace la Radiodiffusion française (RDF), est créée par Jacques-Bernard Dupont, Jean-Jacques de Bresson, Arthur Conte et Marceau Long.

En 1950, l’Union européenne de radiodiffusion (UER) est créée. Il s’agit d’un organisme chargé de coordonner les échanges de programmes de radio et de télévision entre les pays membres de l’Union européenne de l’époque. Son siège est à Genève.

En mai 1951, la loi n°51-601 autorise la publicité collective dans les émissions de radio de la RTF afin d’écouler les surplus agricoles.

En mars 1953, c’est le début de la modulation de fréquence (FM) en France.

En juin 1953, l’UER diffuse le couronnement d’Élisabeth II simultanément dans plusieurs pays européens : c’est la naissance du réseau dit « Eurovision ».

En 1954, c’est le lancement du « programme musical à modulation de fréquence », ancêtre de France Musique, sous l’impulsion de Marius Constant et sur une idée du poète Jean Tardieu.

En 1955, c’est le lancement d’Europe n°1 (qui deviendra Europe 1) par Charles Michelson et Louis Merlin.

En 1958, la France compte 10 millions de postes de radio.

En 1960, avec les débuts de la diffusion en stéréophonie, la station France IV est créée (future France Musique).

En 1963, c’est le lancement des radios de service public : France Inter, France Musique et France Culture. France III national devient France Culture. C’est il y a aussi l’inauguration de la Maison de le radio.

En 1964, la loi du 27 juin instaure l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française) en charge du monopole public des radios et télévisions.

En 1966, Radio Luxembourg est rebaptisée RTL.

En juillet 1966, la loi n°66-457 institue un droit à l’antenne et des garanties concernant la liberté et la qualité de réception au profit des auditeurs et téléspectateurs.

En 1975, c’est la naissance de Radio France Internationale (RFI), rattachée à Radio France. De plus, après l’éclatement de l’ORTF, le cahier des missions et des charges de la société Radio- France définit la publicité classique.

En 1977, les premières radios locales pirates (Radio Verte, Radio Fil Bleu…) apparaissent. La toute première radio pirate Radio Verte émet sur Paris à partir du 13 mai, sous l’impulsion d’Antoine Lefébure et avec le soutien de Brice Lalonde, alors candidat écologiste aux élections législatives. Brice Lalonde et Jean-Edern Hallier lancent la première émission de Radio Verte, radio pirate diffusée sur la FM.

En 1978, la Fédération nationale des radios libres (FNRL) est créée à Lyon par le mouvement des radios pirates. Nous notons aussi la première application du droit de réponse de l’opposition sur les antennes de radio et de télévision est établie. Ensuite, il y a une abrogation de la redevance radiophonique.

En 1979, les radios libres se développent. De plus, le siège de Radio Riposte est saisi car il s’agit d’une radio pirate fondée par le Parti Socialiste (PS) au siège même de celui-ci.

En 1981, de nombreuses stations de radios sont créées : Montmartre FM voit le jour grâce à Pierre Mouselli ; NRJ arrive sur les ondes par Jean-Paul Baudrecoux ; RFM est lancée par Patrick Meyer et Cité Future est fondée par Pierre Bellanger. Ajoutons aussi que la ville de Paris se munie d’une station de radio appelée Radio Service Tour Eiffel. De plus, avec le concours des collectivités locales, cinq nouvelles stations sont créées en Dordogne, dans le Sud Finistère et dans l’Indre, qui intègrent le réseau France Bleu.

En novembre 1981, le monopole de l’État cède du terrain puisque la Loi n°81-994 autorise la création de radios privées associatives (sans ressources publicitaires) à but non lucratif portant dérogation au monopole d’État de la radiodiffusion.

En 1982, la RFO (Société de Radiodiffusion et de Télévision Française pour l’Outre-mer) est lancée et qui partage ses activités entre la radio et la télévision.

Entre 1982 et 1983, une douzaine de nouvelles stations de Radio France sont créées, dont Radio Classique, avec le concours financier des collectivités locales. De plus, il y a un soutien financier aux radios associatives grâce à la création d’un fonds d’aide dédié à celles-ci.

En juillet 1982, c’est la fin du monopole d’État sur la radio par la loi n°82-662 sur la communication audiovisuelle qui abroge formellement la radiodiffusion et la télédistribution. De plus, il y a la création des services de communication audiovisuelle par le Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA) (actuellement la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) depuis 2011).

En 1983, Radio Nostalgie est lancée par Pierre Alberti. De plus, il y a les premières autorisations d'émettre de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haute autorité ou HACA) à des radios locales privées (RLP).

En 1984, l’Agence France Presse (AFP) propose, en plus de ses dépêches texte, des programmes audio prêts à diffuser, qui alimenteront de nombreuses radios locales dans les années 1980. Le service est encore utilisé aujourd’hui, notamment pour les journaux d’actualité. La même année, il y a des manifestations massives de soutien à NRJ qui était menacée de sanctions pour dépassement de puissance. De plus, la Fédération nationale des radios libres (FNRL) devient la Confédération nationale des radios libres (CNRL).

En août 1984, la loi n° 84-742 autorise la publicité sur les radios locales privées (RLP) ainsi que la mise en place d'un système d'aides à ces radios.

En 1985, les radios privées sont régulées par la loi anti-concentration à l’encontre de celles-ci.

En octobre 1985, Fun Radio est lancée dans le Sud de la France par Jean-Baptiste Blanchemain, Éric Pechadre et Pierre Lattès, en fédérant six stations locales NRJ leur appartenant (Nancy, Montpellier, Bordeaux, Carcassonne, Toulouse et Grenoble) et une station Chic FM de Nice au sein de la société Cofirad SA.

En 1986, la station Skyrock est créée par Pierre Bellanger. De plus, la bande FM s'étire grâce à l’autorisation d’exister pour les radios périphériques (Europe 1, RTL, RMC) à Paris. Cette autorisation d’émettre est également valable pour les 45 radios privées de Paris. Cette même-année, a aussi lieu la privatisation d'Europe 1, l’indépendance de la société de Radio France Internationale (RFI) et le lancement de la station d'Europe 2 par Patrick Fillioud et Marc Garcia.

En 1987, le groupe NRJ lance Chérie FM à Paris.

En juin 1987, les premières émissions de la radio d'information en continu de Radio France sont diffusées avec le lancement de la station France Info, par Roland Faure et Jérôme Bellay, sur sept grandes villes de France dont Paris.

En 1988, France Info compte 1 131 000 auditeurs réguliers.

Entre 1989 et 1990, le groupe NRJ lance la station de radio Rire et Chansons.

En août 1989, le CSA créé des catégories de radios au travers de son communiqué n°34 où il en distingue cinq : les associatives non commerciales (cat. A), les radios locales ou régionales commerciales indépendantes (cat. B), les radios locales franchisées, affiliées ou abonnées à un réseau (cat. C), les radios nationales thématiques (cat. D) et les radios nationales généralistes (cat. E).

En 1991, la radio numérique est en ligne de mire des expériences en région parisienne.

En 1993, un service de radio numérique DAB (Digital Audio Broadcasting) est autorisé à être expérimenter pendant trois ans. La même année, les radios privées accèdent à la publicité locale.

En 1994, Skyrock lance Chante France.

En 1995, Fun Radio lance son site Internet. De plus, l'Inathèque est créée. Il s’agit d’un service de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel) en charge du dépôt légal de la radio et de la télévision en France. France Info est la première radio en Europe diffusée en direct sur Internet.

En mars 1995, Radio France se lance sur le Web en créant le premier site Internet. Le même mois, RTL1 change de nom et devient RTL2.

En 1997, l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) est créée et a pour mission d'assurer la planification, la gestion et le contrôle de l'utilisation des fréquences radioélectriques. De plus, le CSA réattribue les fréquences des radios les plus célèbres.

En avril 1997, NRJ lance son site Internet.

En 1998, RTL lance son site Internet. La même année, la station de radio Europe 1 fait la même chose.

En mars 1999, les premières radios françaises sont lancées et émettent uniquement sur Internet : No Problemo et Net Radio. La même année, la CLT-UFA (Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion-UFA Film-und-Fernseh-GmbH) reprend les 12 % du capital de Fun Radio détenus jusqu'ici par M6, devenant ainsi propriétaire à 100% de RTL, RTL2 et Fun Radio.

En 2000, les premières radios locales de Radio France sont réunies sous la bannière du réseau France Bleu : Fréquence Nord, Radio-Mayenne et Radio-Melun. Il y a aussi l’apparition des premières radios thématiques : Radio 7 (pour les jeunes) et Radio Bleue (pour les plus de 50 ans). De plus, France Info devient la première radio entièrement numérique en France.

En avril 2000, le groupe RTL est créé par la fusion entre la CLT-UFA (Compagnie luxembourgeoise de télédiffusion-UFA Film-und-Fernseh-GmbH) et le groupe britannique Pearson TV. 

En juin 2001, RMC devient RMC Info. De plus, Fun Radio (groupe RTL) lance Fun MP3 qui est la première Webradio permettant le téléchargement gratuit de musique en toute légalité.

En août 2003, la loi n°2003-708 autorise la diffusion gratuite de commentaires sonores d’évènements sportifs dont les droits d’exploitation ont été cédés.

Entre février et avril 2004, le CSA crée le groupe de travail FM 2006 afin d’optimiser l’utilisation des fréquences sur la bande FM.

En juillet 2004, la loi sur le numérique transpose en droit français les directives européennes Paquet Télécom et établit le régime de la radio numérique en France, accordant notamment la priorité à l’attribution d’une autorisation aux radios émettant déjà sur la bande FM (modulation de fréquence). La loi permet notamment au CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel) d’allonger les délais des autorisations d’émission afin de mettre en place la refonte de la bande FM.

En janvier 2006, Radio France lance l’offre des podcasts.

En février 2006, les agences de presse, les principaux médias nationaux, les pouvoirs publics, les sociétés de transport et les associations de victimes signent la convention « Alerte Enlèvement » afin d’instaurer un dispositif d’alerte d’urgence en cas d’enlèvement d’un mineur.

En novembre 2006 selon Médiamétrie, l'audience du média radio enregistre 4 millions d'auditeurs supplémentaires âgés de 15 ans et plus entre 1995 et 2006 grâce notamment aux équipements numériques.

En janvier 2007, la grande distribution est autorisée à diffuser des publicités à la radio.

En mars 2007, il y a un accord entre la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques) et France Webradios, qui regroupe 14 radios du Web, sur le versement par celles-ci au bénéfice des producteurs, d’un forfait au prorata de leur audience et de leurs coûts de structure.

En août 2007, Deezer propose une offre de musique en streaming financée par la publicité, annonçant le succès de la radio à la demande et de l'échange de playlists. Des radios sont en effet proposées par le service, lequel décline automatiquement une programmation personnalisée en fonction des genres de musique privilégiés par l’internaute.

En janvier 2008, Europe 2 devient Virgin Radio.

En septembre 2008, un décret autorise la publicité et le parrainage locaux sur les radios diffusées en numérique.

En septembre 2012, tous les appareils permettant de recevoir la radio, autre que ceux visés pour 2010, devront être passés au tout numérique.

En 2013, tous les terminaux équipant les véhicules automobiles devront être passés au tout numérique.

Depuis 2013, des réformes ont été mises en place ainsi que des accords entre les différentes stations de radio que nous connaissons aujourd’hui, afin de permettre un accès à celles-ci au plus grand nombre d’auditeurs possible : ceci de manière plus fluide et plus précise à l’aide de modifications portant sur la qualité de réception radiophonique. Mais la radio a dû elle aussi céder un peu sa place à un autre média de nouveau genre... 

b) La télévision

La télévision est une révolution technique reposant sur d’énormes évolutions depuis ces toutes premières innovations au XIXème siècle. Néanmoins, sa mise au point et sa commercialisation ont lieu environ 50 ans après, vers 1930. Pour comprendre comment notre télévision française est aujourd’hui ce qu’elle est, il est utile de savoir les dates clés de son évolution :

En 1862, l'Abbé Giovanni Caselli met au point un dispositif appelé le Pantélégraphe qui permet de transmettre par câble un texte ou un dessin.

En 1873, Joseph May, télégraphiste irlandais, découvre la photosensibilité du sélénium ce qui va permettre de convertir la lumière en électricité.

En 1879, le 16 janvier, Constantin Senlecq publie la théorie d'un système de transmission d'images animées appelé le « Télectroscope » utilisant le sélénium comme cellule photo sensible qui balaie la surface dépolie d'une chambre photographique.

En 1881, Constantin Senlecq améliore son Télectroscope en utilisant des écrans multicellulaires avec contacteurs rotatifs synchrones en phase reprenant l'idée de 1879 de George R. Carey qui préconise l'emploi de cellules au sélénium sous forme de mosaïques comme l'œil de la mouche.

De 1884 à 1897, des brevets d’innovations sont déposés, tout comme après en 1923 et 1924.

Le 22 janvier 1908, Edouard Belin présente son appareil de transmission de photographies par le téléphone appelé le « Bélinographe ». 

Le 26 janvier 1926, John Logie Baird présente à la « Royal Institution » de Londres, la télévision mécanique comportant 16 lignes. C’est la naissance officielle de la télévision.

En novembre 1929, René Barthélemy travaille à la mise au point d'un téléviseur mécanique reprenant le principe de Baird car il recevait régulièrement les émissions de Londres au laboratoire de la Compagnie des Compteurs (CdC) à Montrouge.

Le 14 avril 1931, c’est la première démonstration publique de télévision mécanique par René Barthélemy à Malakoff en France avec une définition de 30 lignes horizontales. En avril 1931, un jeune passionné de radio nommé Henri de France, ayant son propre laboratoire appelée « La Compagnie Générale de Télévision » au Havre, parvient à doubler la définition du système Barthélemy en passant à 60 lignes puis à 120 lignes en 1933.

Le 25 avril 1932, la première émission de télévision parlante a lieu à Paris et est tournée à Montrouge aux laboratoires de la Compagnie des Compteurs (CdC). En décembre, le Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT) choisit le système Barthélemy qui était en concurrence avec les systèmes de Baird et d'Henri de France. René Barthélemy s'installe au studio spécialement conçu pour la télévision rue de Grenelle.

Au 31 décembre 1934, la France comporte entre 400 et 500 téléviseurs en circulation.

Le 26 avril 1935 à 20h30 au 103 rue de Grenelle à Paris, la première émission officielle de la Télévision française appelée « Paris PTT » est lancée par Georges Mandel, alors Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones (PTT). Nous assistons également le 18 novembre 1935 à l'inauguration du nouveau studio, rue de Grenelle, avec un système de 180 lignes mécaniques mis au point par René Barthélemy. Nous y voyons la première speakerine, Suzy Winker.

Le 18 septembre 1937, les essais de télévision en 455 lignes débutent avec un nouvel émetteur sur la tour Eiffel arrosant la région parisienne dans un rayon de 100 km sur 42 et 46 MHz avec un format image de 5/4.

Le 03 septembre 1939, c'est la déclaration de guerre. La France arrête ses émissions de télévision. Ses techniciens sabotent les équipements de télévision en cassant quelques lampes juste avant l'entrée des allemands dans la capitale.

Le 30 juillet 1942, mise en place de la télévision allemande en 441 lignes à Paris pour les occupants. Il y a également la création, par réquisition de la préfecture de la Seine, des studios de télévisions aux 13 et 15 rue Cognacq-Jay et du « Dancing Magic City ». L'exploitation régulière commence véritablement le 07 mai 1943. Ce sera le seul émetteur de télévision en service pendant la guerre en Europe.

Le 16 août 1944 vers 23h30, c'est l'arrêt définitif de Paris-Télévision sans aucune destruction de matériel pourtant demandée par Berlin. Le 1er octobre, s’effectuent la reprise des activités rue Cognacq-Jay avec des travaux dans la continuité de ceux commencés par les Allemands et quelques essais d'émissions de télévision en 441 lignes par intermittence en circuit fermé (pas d'émission hertzienne) car les Américains interdisent l'utilisation de l'émetteur de la tour Eiffel. Ces essais permettront aux techniciens Français de se former et de s'habituer au nouveau matériel.

Le 20 juin 1945, les émissions de télévision hertzienne à l'usage des professionnels reprennent de 10h à 11h du matin avec un émetteur de 30W installé rue Cognacq-Jay. De plus, les émissions officielles de la télévision française reprennent le 1er octobre en 441 lignes de 16h30 à 18h30. En outre, la RDF (Radiodiffusion française) est créée. Le 31 décembre, environ 1000 téléviseurs sont en service en France.

Le 09 février 1949, La RDF devient la RTF (Radiodiffusion et Télévision Française). Le 29 juin, le premier journal télévisé est créé par Pierre Sabbag.

Le 25 avril 1950, c'est le début officiel de la télévision française en 819 lignes. Le 31 décembre, 3 794 postes de télévisions sont en service en France.

Le 14 février 1952, la première station de télévision de province est née. Il s’agit de l'émetteur de Lille qui reçoit les émissions de Paris et les retransmet en 819 lignes.

En juin 1954, c'est la création de l'Eurovision. 

Dans la nuit du 02 au 03 janvier 1956, l'émetteur 441 lignes de la Tour Eiffel est endommagé par un incendie. L'Etat en profite pour arrêter définitivement ce standard et propose une aide financière pour l'achat d'un poste 819 lignes. Au début de cette année, il ne restait plus que 5000 téléviseurs en 441 lignes. Le 30 mars de cette année-là, la RTF présente son système couleur, le S.E.C.A.M. (SÉquentiel Couleur À Mémoire) mis au point par Henri de France. 

Le 31 décembre 1958, un million de postes de télévision sont en service en France.

Le 11 juillet 1962, le premier essai de retransmission de télévision par le satellite Telstar entre les USA et la France a lieu. C'est ainsi le début de la Mondovision.

Le 21 décembre 1963, c’est le début de la deuxième chaîne française au standard européen avec 625 lignes. Les émissions régulières commencent néanmoins en avril 1964.

Le 25 juillet 1964, la RTF devient l'ORTF (Office de la Radiodiffusion et Télévision Française). 

Le 1er octobre 1967, la télévision couleur arrive en France sur la deuxième chaîne. "Et voici la couleur" : c'est ainsi que le Ministre de l'Information, Georges Gorse, présente officiellement la transformation de l'apparence télévisée aux côtés de Claude Mercier, directeur de l'équipement et de l'exploitation, Jacques-Bernard Dupont, directeur général de l'ORTF, et d'Émile Biasini, directeur de la télévision. Celui-ci qualifie cette évolution de "révolution artistique" mais celle-ci est encore difficile à exploiter et à diffuser au plus grand nombre.

Le 31 décembre 1972, c'est le début de la 3ème  chaîne couleur.

Le 06 janvier 1975, les 3 chaînes de télévision française changent de nom et deviennent TF1, Antenne 2 et France Région 3 dit FR3. La même année, TF1 passe à la couleur.

En 1977, 1ère télévision à utiliser un écran LCD.

En 1978, les premiers lecteurs de vidéodisque sont commercialisés sous différentes appellations selon les enseignes.

En 1983, les émissions de TF1 en 819 lignes (norme E) sont arrêtées.

Le 04 novembre 1984, la 1ère chaîne privée et payante en France est née : il s’agit de Canal + qui reprend l'ancien réseau d'émetteurs du 819 lignes.

En 1986, la télévision par câble est née à Pontoise en région parisienne dont une vingtaine de chaînes sont proposées. De plus, la 1ère télévision LCD est vendue en France par Citizen.

Elle affiche une image en noir et blanc avec une définition de 96 000 pixels.

Le 20 février 1986, Berlusconi lance La Cinq et le 1er mars, c’est au tour de Maurice Lévy de lancer la chaine TV6. Un an plus tard, elle sera remplacée par M6 de Métropole TV.

En 1988, la télévision analogique arrive avec un changement de format puisque la première fois passe en 16/9. La diffusion se faisant uniquement par le satellite TDF 1 et seulement une chaîne a diffusé dans ce format, la Sept (chaîne franco-allemande qui deviendra Arte).

En 1992, la télévision au format 16/9 arrive dans les magasins et le format de la télévision numérique Mpeg 2 est retenu pour la diffusion de programmes par satellite. Le 12 avril, c'est l'arrêt définitif de La Cinq qui sera ensuite remplacée par Arte le 28 septembre. Le même mois, le groupe France Télévision est créé, reprenant Antenne 2 qui devient France 2 et FR3 qui devient France 3.

Le 13 décembre 1994, La Cinquième débute, en étant une chaîne de la connaissance et du savoir qui deviendra plus tard France 5.

En 1995, la 1ère télévision à écran plasma est créée. En décembre de la même année, un nouveau format de disque vidéo numérique est lancé. Il s’agit du « Digital Versatile Disc » (DVD) qui se traduit en français par « Disque Numérique Polyvalent ».

L’année 2000 est l’année du changement au « tout numérique » à travers des publicités et des messages à la télévision française. Le 25 août, le mot "télévision" est entendu pour la 1ère fois de la bouche du Capitaine Constantin Perskyi au congrès international de Paris pour la transmission d'images fixes.

En 2003, les premières "Box" sont lancées et permettent de regarder la télévision par l'ADSL.

Le 31 mars 2005, la Télévision Numérique Terrestre (TNT) en Mpeg 2 et Mpeg 4 (payante) arrive sur le territoire français.

Le 31 octobre 2008, s’opère le début officiel de la télévision numérique en HD gratuite sur la TNT au standard Mpeg 4 avec une définition maximale de 1920 x 1080 pixels entrelacés.

Le 25 novembre 2009, Canal+ se retire de la bande III VHF qui sera affectée pour la radio numérique DAB+/DMB. En décembre, les premiers téléviseurs en 3D sont commercialisés.

Le 24 novembre 2010 à minuit, les émissions de Canal+ en analogique sont définitivement arrêtées.

Le 8 mars 2011 à 00h04, les émissions analogiques sur l'émetteur historique français (la Tour Eiffel depuis 1935) subissent le même sort. 

Le 30 novembre 2011, il y a un arrêt définitif des programmes de la télévision analogique en France, ce qui provoque la mort de la norme du système de diffusion L et du SECAM français.

Le 12 décembre 2012, 6 nouvelles chaînes sur la TNT gratuite en HD sont créées (6ter, L'équipe HD, Chérie HD, Numéro 23, HD1 et RMC Découverte).

En décembre 2013, c'est le lancement des premiers téléviseurs 4K soit 7680 x 4320 pixels.                                                      

Depuis 2016, de nombreuses modifications des normes de télévisions adoptées par chaque chaine s'opèrent. Par exemple, toutes les chaînes passent en haute définition (HD).

Ainsi, la télévision s'est transformée grâce à des innovations électroniques pour passer d'un gros cube lourd avec un petit écran en cellules au sélénium sous forme de mosaïques à des écrans plasmas à LCD. Ses évolutions, adaptées des découvertes américaines, montrent la détermination à vouloir développer un objet du quotidien qui devient aujourd'hui indispensable. Néanmoins, et à cause des difficultés historiques que nous connaissons qui ont ralenti son développement, le média qui est la télévision a mis un certain temps avant d'être dépopularisé et accessible par tous.