Pour comprendre le monde de l'information en France, il est utile de connaitre les dates-clés de son évolution. Voici celle de la presse écrite :

En 1631, c’est le véritable début de la presse écrite en France. Cette naissance a eu lieu grâce à Théophraste Renaudot qui crée et publie le 30 mai, le premier hebdomadaire appelé La Gazette. Celui-ci est alors considéré comme le fondateur de la publicité et de la presse française.

En 1672, c’est la naissance de Mercure Galant. Il s’agit du premier périodique littéraire au monde qui est créé à Paris par Alfred Vallette.

En 1777, le premier quotidien français est né au travers de la parution à Paris du quotidien Le Journal de Paris.

En 1815, la publicité apparaît dans les pages des quotidiens. Plus ou moins camouflée, elle s'était déjà répandue dans les Affiches-annonces et avis divers tout au long du XVIIIème siècle, ainsi que dans quelques quotidiens dès la fin de l’Ancien Régime.

En 1826, le journal satirique Le Figaro de Maurice Alhoy est né.

En 1835, l'Agence France Presse (AFP) est créée sur les bases de l'Agence Havas de Charles-Louis Havas.

En 1836, c’est la naissance des journaux La Presse d'Émile de Girardin et Le Siècle de Dutacq. An travers de cela, Émile de Girardin invente le financement moderne des journaux en divisant par 2 le prix de l’abonnement grâce aux recettes publicitaires.

En 1840, Honoré de Balzac déclare : « La presse est en France un quatrième pouvoir dans l’État : elle attaque tout et personne ne l’attaque. ».

En 1857, c’est la fin du monopole de la distribution des journaux et le début des premières messageries de presse.

En 1863, c’est le début de la presse populaire avec la naissance du Petit Journal, créé par Moïse Millaud.

En 1866, Le Figaro devient un quotidien national.

En 1883, les quotidiens La Croix et Le Matin sont créés.

En 1884, le quotidien L'Écho de Paris est né, dont Maurice Barrès sera l'éditorialiste après 1900.

En 1904, c’est la naissance le 18 avril du quotidien L'Humanité par Jean Jaurès.

En 1908, c’est au tour de Les Échos de voir le jour grâce aux frères Robert et Émile Servan-Schreiber.

En 1916, l’hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné est fondé par Maurice et Jeanne Maréchal. Il s'est qualifié lui-même de « déchainé » pendant quelques mois en 1919.

En 1937, Jean Prouvost lance Marie Claire qu’il décrit : « L’hebdomadaire de la femme tel qu’il n’a jamais été réalisé ».

En 1942, c’est la naissance du quotidien clandestin Libération d'Emmanuel d'Astier de la Vigerie.

En 1944, les quotidiens Le Monde et Le Parisien libéré sont créés. La même année, la Défense de la France, lancée par Pierre Lazareff, est réapparue sous le titre de France Soir. De plus, l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné reparaît.

En novembre 1945, le magazine féminin Elle est fondé par Hélène Lazareff et Marcelle Auclair.

En avril 1947, la loi Bichet instaure un système mutualisé de distribution de la presse en France : les éditeurs souhaitant s'associer pour distribuer leurs titres doivent se réunir en coopérative de presse. Ce même-mois, les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP) sont créées en réponse à cette réforme.

En 1949, c’est la naissance de l'hebdomadaire Paris Match par Jean Pouvost et la famille Béghin.

En 1950, Claude Bourdet, Gilles Martinet, Hector de Galard et Roger Stéphane créent L'Observateur.

En 1953, le premier newsmagazine français L'Express est fondé par Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber.

En 1954, Marie Claire renaît selon sa formule actuelle, celle d'un mensuel. La même année, L'Observateur devient France Observateur.

En janvier 1957, la loi n°5732 du 10 janvier définit les statuts de l'Agence France Presse (AFP).

En 1960, l'hebdomadaire de télévision Télé 7 jours est né.

En 1964, c’est la naissance de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, issu de France Observateur. Financé par l'industriel Claude Perdriel, il bénéficie de l'arrivée de plusieurs journalistes ayant quitté L’Express, dont Jean Daniel.

En 1972, l'hebdomadaire Le Point est créé par plusieurs journalistes, dont Claude Imbert et Jacques Duquesne qui démissionnent de L'Express.

En 1973, c’est la reprise du quotidien Libération sous la direction de Jean-Paul Sartre et Serge July.

En 1974, le Quotidien de Paris est fondé par Philippe Tesson.

En 1977, le quotidien Le Matin de Paris et l'hebdomadaire VSD (Vendredi Samedi Dimanche) sont créés par Maurice Siegel.

En 1978, L'Aurore est absorbée par Le Figaro, après avoir été rachetée en 1975 par le groupe de Robert Hersant.

En 1984, le groupe Prisma Presse crée l'hebdomadaire Femme actuelle.

En 1986, c’est la naissance de TV Magazine, supplément du quotidien France Soir.

En 1987, les éditions Hachette prennent le contrôle du groupe de presse Le Provençal-La République, incluant notamment Le Provençal à Marseille et Var Matin.

En 1990, l’hebdomadaire Courrier international est créé. Celui-ci propose des articles de la presse internationale traduits en langue française.

En 1991, c’est la création du mensuel économique Capital par le groupe Prisma Presse.

En mai 1995, Libération est le premier quotidien national à mettre des pages en ligne avec son supplément multimédia. En effet, il lance son site Internet.

En 1996, Le Figaro prend la même décision et s'installe sur le Web avec son propre site Internet lefigaro.fr.

En 1997, c’est la naissance de La Provence. C’est un quotidien issu de la fusion des titres de Le Provençal et Le Méridional, filiales du groupe Lagardère. La même année, l’hebdomadaire d'information Marianne de Jean-François Kahn est créé.

En 1999, c’est la naissance de l'hebdomadaire gratuit À Nous Paris qui est édité par Métrobus (filiale de Publicis qui assure la régie publicitaire de la RATP) et diffusé exclusivement dans l’enceinte du métro parisien. La même année, La Croix devient un quotidien du matin.

En 2000, le quotidien France Soir est revendu à l'Italien Poligrafici Editoriale. La même année, à travers sa filiale Presse Europe Régions, le groupe Le Monde prend le contrôle du groupe Midi Libre (Midi Libre, L'Indépendant et Centre Presse Aveyron) et rachète les Éditions de l’Étoile (les Cahiers du cinéma).

En 2001, le groupe Le Monde acquiert Courrier international qui était mis en vente par le groupe Expansion, filiale de Vivendi. La même année, le groupe Lagardère (fondé en 1992 par Jean-Luc Lagardère, dirigé aujourd’hui par Arnaud Lagardère) et TF1 entrent dans le capital du quotidien L'Humanité.

En 2002, le groupe Le Monde prend 30% des Publications de la Vie catholique (Télérama, La Vie...). De plus, Le Parisien prend 50% du capital de l'hebdomadaire gratuit À Nous Paris, diffusé dans le métro et le RER. C’est aussi la naissance du quotidien gratuit d'information 20 Minutes, édité par le groupe norvégien Schibsted associé à Spir Communication (groupe Ouest-France) à Paris, Lyon et Marseille. La société Voix du Nord SA, éditrice du quotidien La Voix du Nord, acquiert 99 % de la société éditrice du quotidien Nord Eclair.

En 2003, le groupe Le Monde absorbe le groupe Publications de la Vie catholique (Télérama, La Vie...).

En 2004, c’est la naissance des premiers quotidiens gratuits : Lyon Plus édité par Le Progrès, Lille Plus par La Voix du Nord et Bordeaux7 par le groupe Sud-Ouest.

En 2005, le magazine people Closer du groupe Emap France est lancé. La même année, le groupe de presse belge Rossel prend le contrôle du groupe Voix du Nord, propriété de la Socpresse du groupe Dassault.

En janvier 2005, Roularta Media Group achète 35% du capital du groupe Express-Expansion à la Socpresse du groupe Dassault. Le groupe Le Monde ouvre son capital aux groupes Lagardère (17%), Prisma Média (15%) et La Stampa (3%).

En 2006, c’est le lancement du mensuel Philosophie Magazine.

En 2007, plusieurs modifications au sein de l’univers de la presse sont effectuées. Tout d’abord, le Conseil d'État annule la décision de Thierry Breton prise en mai 2006, alors Ministre de l'Économie, qui autorisait le rachat des quotidiens régionaux de la Socpresse (Bourgogne et pôle Rhône-Alpes) par Ebra (société créée par le Crédit Mutuel et le groupe L’Est Républicain). Ensuite, Le Figaro lance deux journaux en ligne : l'un consacré à la bourse et l'autre au patrimoine. La même année, l'Agence France Presse (AFP) lance AFPTV International, qui est un service de vidéos sur l'actualité internationale, en français et en anglais, destiné aux chaînes et aux nouveaux médias. Parallèlement à tout cela, Le Journal du Dimanche (JDD) lance son site Web lejdd.fr. De plus, le groupe Bolloré lance les quotidiens gratuits Bretagne Plus (renommé Direct Bretagne en 2008) et Direct Soir à Toulouse, en partenariat avec La Dépêche du Midi. Enfin, Le Dauphiné Libéré devient le premier quotidien français à s'installer sur Second Life, en organisant un débat politique avec les avatars des six candidats à l’élection présidentielle.

En 2008, l'Agence France Presse (AFP) lance un nouveau service appelé AFP Mobile, qui propose tous ses contenus aux éditeurs de portails pour téléphone portable. La même année, deux quotidiens sportifs sont lancés simultanément : Le 10 Sport de Michel Moulin (ex-conseiller sportif du club PSG (Paris Saint-Germain)) en partenariat avec le groupe NextRadioTV ; ainsi qu’Aujourd’hui Sport par le groupe Amaury. De plus, la revue trimestrielle Polka qui mise sur le photojournalisme, est fondée.

Entre octobre 2008 et janvier 2009, les États généraux de la presse se réunissent à l’initiative du Président de la République, organisés autour de 4 thèmes : les métiers du journalisme, le processus industriel, le choc Internet, et la presse en société.

En 2009, les suppléments télévision des quotidiens TV Hebdo et TV Magazine, appartenant respectivement au groupe Lagardère et à la Socpresse, fusionnent pour donner naissance à TV Magazine avec une diffusion supérieure à 6 millions d’exemplaires. La même année, les NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne), rebaptisées Presstalis, déménagent afin d'économiser 6,5 millions d'euros. De plus, le syndicat de la PQR (Presse quotidienne régionale) quitte la Fédération nationale de la presse française (FNPF). En réponse à cela,  celle-ci décide sa dissolution en affichant sa volonté de créer une nouvelle organisation « mieux adaptée ».

En janvier 2009, le Livre Vert, issu des travaux des États généraux de la presse, est fondé par plus de 90 recommandations. Il en résultera un plan de soutien à la presse de 200 millions d’euros par an pendant 3 ans.

En mai 2009, une version française de Google News appelé Google Actualités est lancé. Il s’agit d’un moteur d'agrégation de liens issus des titres de presse disponibles en ligne.

En juillet 2009, le quotidien Le Courrier Picard (couvrant les départements de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne) abandonne son statut de société coopérative ou ouvrière de production (SCOP) et rejoint le groupe La Voix du Nord.

En juin 2010, c’est la naissance du Syndicat de la presse magazine (SPM). Celui-ci est issu de la fusion du SPMI (Syndicat de la presse magazine information) et de l'APPM (Association pour la promotion de la presse magazine).

En 2011, de nombreux changements ont été effectués. En effet, le quotidien gratuit 20 Minutes lance son édition nationale dans 20 agglomérations supplémentaires. De plus, le site Internet jaimelinfo.fr, qui est destiné à la presse en ligne et permettant aux lecteurs de financer des reportages, des enquêtes ou des projets de développements, est lancé. Aussi, plusieurs groupes de presse rejoints par l'AFP (Agence France Presse) signent la Charte de la diversité concernant le recrutement des journalistes et le traitement de l’information. Enfin, le quotidien La Croix devient bi-médias, avec une partie payante pour son site Web.

En janvier 2011, l'Association pour le contrôle de la diffusion des médias (OJD pour la presse) certifie pour la première fois les versions numériques téléchargées et payées de la presse nationale. Le même mois, la nouvelle formule de France Soir est lancée à l'initiative d'Alexandre Pougatchev, son actionnaire.

En décembre 2011, le quotidien France Soir abandonne sa version imprimée et passe au tout numérique.

En 2012, l’Institution d'un Observatoire de la Déontologie de l'Information (ODI) naît suite à une recommandation des États généraux de la presse de 2008.

En janvier 2013, le tribunal de commerce de Paris donne son accord au tandem Hersant-Tapie pour le rachat des titres restants de GHM (Groupe Hersant Médias).

En février 2013, il y a un accord entre Google et les éditeurs de la presse d’information générale et publique comprenant deux volets : d’un côté, un accord commercial optionnel pour 5 ans permettant aux éditeurs d’utiliser toutes les plateformes numériques de Google à des conditions avantageuses ; et de l’autre côté, la création d’un fonds doté par Google de 60 millions d’euros destiné à faciliter la transition de cette catégorie de journaux vers le numérique.

En avril 2013, Le Monde propose à ses abonnés une version premium numérique grandement enrichie.

En mai 2013, l'Association pour le contrôle de la diffusion des médias (OJD pour la presse) certifie pour la première fois les versions numériques téléchargées de la presse gratuite quotidienne.

En septembre 2014, La Tribune redevient un quotidien d'information économique sous forme numérique, pensée pour être lue d'abord sur smartphones et tablettes.

En octobre 2014, Le Nouvel Observateur change de nom et devient L'Obs en même temps que l'hebdomadaire adopte une nouvelle formule marquant censément son retour à l’investigation.

En février 2015, l'hebdomadaire Charlie Hebdo est tiré à 2,5 millions d'exemplaires, fort des 10 millions d'euros en provenance des ventes du numéro des survivants, auxquels s’ajoutent les 3 millions d’euros des 240 000 nouveaux abonnés. Avant les attentats de janvier, le journal totalisait 8 000 abonnés. La même année, les quotidiens La Croix et Les Échos se vendent davantage en version numérique que dans les kiosques à journaux.

En juin 2015, le groupe Express-Roularta (GER), propriété du groupe belge Roularta, est racheté par le groupe NewsCo, associé à Patrick Drahi, construisant ensemble le groupe Altice. Ainsi, Patrick Drahi réunit dans celui-ci ses actifs dans les médias en France, comme ceux qu’il a récupérés à la suite de la recapitalisation de Libération en juin 2014 et du rachat de SFR par Numericable en octobre 2014.

En octobre 2015, Le Parisien-Aujourd'hui en France intègre le groupe Les Échos après l'avis favorable de l'Autorité de la concurrence, tandis que son ancien propriétaire, le groupe Amaury, se concentre sur L’Équipe et ASO qui organisent des évènements sportifs tels que le Tour de France et le Paris-Dakar. De plus, le groupe Altice Media, après avoir offert aux clients Numericable en juin 2015 un accès gratuit d'un mois à la version payante du site Liberation.fr, propose un an d’abonnement gratuit à la version numérique de L’Express aux abonnés SFR. Il y a aussi la création d'un fond d'investissement de 300 à 500 millions d'euros destiné aux médias par Xavier Niel, président de Free, Matthieu Pigasse, banquier, et Pierre-Antoine Capton, producteur de programmes de télévision.

En mars 2016, la Bibliothèque nationale de France (BnF) de Retronews est fondé. C’est un site Web consacré aux archives de la presse nationale. Financé selon le modèle freemium, la plateforme, qui s’enrichira progressivement, offrait le jour de son lancement 15 millions d’articles provenant de quelques 50 journaux parus entre 1631 et 1945.

En octobre 2016, c’est le lancement de lirelactu.fr. Il s’agit d’une plateforme numérique d’une quinzaine de journaux accessibles gratuitement, conçue pour les collèges et les lycées français.

Ainsi, nous comprenons comment de 1631 à nos jours, de Théophraste Renaudot au tout numérique, le monde de la presse s'est adapté à la population française. En passant des simples journaux quotidiens ou hebdomadaires aux sites Web, la presse écrite a su capter son public pour lui apporter les informations dont il a besoin, et ce de manière rapide, claire et précise. Après avoir connu un succès fulgurant car considérée comme révolutionnaire, la presse écrite est aujourd'hui en crise. Malgré une certaine accélération de son développement depuis le début du IIème millénaire, les évolutions technologiques que nous connaissons l'empêchent de s'émanciper davantage. La presse écrite est aujourd'hui un « vieux » média, et laisse peu à peu du terrain aux autres médias fleurissants.